Plan de sobriété hydrique (PSH) : guide complet pour les industriels et entreprises

Sarah Champagnol

Temps de lecture : 12 minutes

Industriels exploitants ICPE/non-ICPE, Directeurs/Directrices des opérations, techniques, Responsables de production, développement durable, QSE, HSE, ce guide s’adresse à vous !

Face à l’intensification des épisodes de sécheresse et à la pression croissante sur les ressources en eau, et dans le prolongement de la Directive Cadre sur l'Eau européenne, la France a révisé sa politique de gestion de l’eau. En mars 2023, le Président de la République a présenté le Plan Eau, une stratégie nationale visant à adapter durablement tous les usages - industriels, agricoles, et domestiques - au changement climatique.

L'objectif :  réduire de 10 % les prélèvements d’eau d’ici 2030 tout en garantissant la continuité des activités économiques et la sécurité sanitaire.

Dans ce contexte, les sites industriels et entreprises fortement consommatrices d’eau (>10 000 m³/an) sont désormais soumises à une nouvelle obligation : la mise en place et la gestion d’un plan de sobriété hydrique (PSH), qui représente à la foi un défi et une opportunité stratégique pour votre entreprise.

Votre PSH devient en effet un prérequis incontournable dans les échanges avec les DREALs et préfectures pour tout site industriel souhaitant sécuriser ses volumes d'eau prélevables, ou bénéficier d'exemptions ou aménagements de restrictions en période de sécheresse. Le PSH est aussi un document essentiel à fournir aux Agences de l'eau pour l'attribution de subventions.

Voyons ensemble : les obligations légales, la méthodologie de mise en œuvre, les actions concrètes à déployer et les solutions technologiques pour faciliter la conformité et optimiser la gestion de l’eau.

Qu'est-ce que le plan de sobriété hydrique et qui est concerné ?

Définition et cadre réglementaire du PSH

Le plan de sobriété hydrique est un dispositif obligatoire imposé à certains sites afin de maîtriser, réduire et optimiser les prélèvements d’eau. Un PSH repose sur plusieurs textes juridiques :

  • l’arrêté ministériel du 30 juin 2023 (révisé en juillet 2024) applicable aux ICPE prélevant plus de 10 000 m³/an
  • les arrêtés-cadres départementaux et interdépartementaux (ACD/ACI) définissant les mesures locales par territoire et secteur d'activité
  • les arrêtés préfectoraux d’autorisation spécifiques à chaque site
  • les arrêtés d’orientation de bassin (AOB) qui définissent les enjeux à l’échelle des bassins versants

Le plan de sobriété hydrique s’appuie sur un constat alarmant : la dégradation durable de l’état des nappes phréatiques, avec des niveaux historiquement bas observés sur de nombreux bassins depuis quelques années, rend indispensable un approche plus sobre et informée, avec une réduction structurelle des usages qui doit passer par la fin des gaspillages et l'optimisation des processus de production.

Installations et secteurs industriels soumis au plan de sobriété

Qui est concerné ?

  • les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ;
  • les sites dépassant certains seuils de prélèvement, que ce soit sur le réseau potable, les eaux superficielles ou souterraines en fonction de la localisation.

Les filières prioritaires sont :

  • l’industrie agroalimentaire,
  • la chimie et la pharmacie,
  • la papeterie,
  • la métallurgie,
  • l’énergie et le refroidissement industriel
  • la production de composants électroniques
  • la construction (carrière, granulats)

Les exigences de réduction varient selon les zones en tension hydrique (l'accent est mis sur les Zones de Répartition des Eaux(ZRE) et les zones en déficit quantitatif identifiées dans les SDAGE).

Des adaptations sont possibles en fonction de la localisation, de la disponibilité de la ressource et de la nature de l’activité. Des exemptions ou aménagements sont accordés pour certains usages critiques (sanitaires, sécurité incendie, continuité d’approvisionnement ou exemptions partielles pour l'abreuvement des animaux), mais attention, cela ne vous exonère pas de mettre en place un plan d'action de sobriété.

Objectifs chiffrés et échéances de mise en place

L’objectif national pour l'industrie : réduire de 10% les prélèvements d’eau d’ici 2030. Les 55 sites industriels identifiés par le Plan Eau et précurseurs de PSH ont engagés 327 millions d’euros d’investissements pour une économie prévisionnelle de 77 millions de m³, soit 12,6% de leurs prélèvements totaux. Cela montre que la mise en conformité est réalisable avec les bons outils !

Les objectifs territoriaux sont modulés selon l’état des ressources locales; vous pouvez vous référer aux arrêtés-cadres départements pour plus d'indications.

Depuis 2025, votre PSH doit être actualisée en fonction de l'évolution de vos pratiques de site. Nous vous conseillons de mettre à jour votre PSH au minimum 1 fois par an) car celui-ci peut vous être demandé immédiatement en cas de contrôle :

Situation Délai pour fournir votre PSH
Inspection DREAL / ICPE Immédiat (le jour du contrôle)
Demande écrite de l’administration En général quelques jours maximum
Inspection DREAL / ICPE Joint au dossier de demande

Comment élaborer son plan de sobriété hydrique : méthodologie étape par étape

Réaliser le diagnostic de ses usages et prélèvements d'eau

Le diagnostic constitue la pierre angulaire du PSH. Il doit dresser un état des lieux exhaustif et précis de tous les flux d’eau du site industriel. Cette cartographie complète permet d’identifier les économies potentielles et de hiérarchiser les actions selon leur impact.

Les étapes du diagnostic :

  1. Identifier tous les points d'approvisionnement : réseau potable (AEP), forages en nappe phréatique, prélèvements en cours d’eau ou canaux, connexions à des réseaux industriels spécifiques. Pour chaque point, identifier la masse d’eau concernée et la zone hydrographique. Installer ou vérifier le plan de comptage pour mesurer précisément les volumes prélevés.
  2. Cartographier les usages par processus et services : distinguer les usages industriels, les usages d'obligations sanitaires et sécurité, et les usages qui peuvent être suspendus en cas de restriction.
  3. Quantifier la consommation nette : volumes prélevés - volumes rejetés. Identifier les pertes dans les circuits de distribution (fuites, évaporation, incorporation dans les produits). Analyser les données historiques, idéalement sur plusieurs années pour lisser les variations saisonnières.
  4. Analyser la qualité de l’eau selon les besoins (usages nécessitant de l’eau potable, déminéralisée, ultra-pure, brute) pour voir si la substitution par des eaux non conventionnelles (pluviales, grises, REUT) peut être envisagée.
  5. Identifier les périodes de pic et les tensions saisonnières pour éventuellement anticiper les besoins de modulation de la production en période de restriction.

Définir les objectifs de réduction et stratégies de sobriété

Une fois le diagnostic fait, définissez des objectifs chiffrés de diminution des usages. Vos indicateurs de suivi peuvent par exemple être : m³ économisés, taux de réduction, ratios rapportés à l’activité, taux de recyclage et de réutilisation, coût complet de l'eau (prélèvement, traitement, rejet, redevances). Nous vous conseillons d'identifier :

  • vos objectifs pérennes de réduction, intégrés au fonctionnement courant du site, indépendamment des conditions climatiques ;
  • vos objectifs conjoncturels, à activer en cas d'arrêtés préfectoraux (Vigilance, Alerte, Alerte renforcée, Crise) et qui correspondent à vos scénarios d'adaptation en cas de restriction.

Priorisez les actions selon le rapport coût/efficacité, les investissements nécessaires et les délais de mise en œuvre. Pour information, vos efforts de réduction seront comparées aux valeurs de référence sectorielles et aux Meilleures Techniques Disponibles (MTD) dans le cadre de l'évaluation de vos dossiers de demande d'aides par les Agences de l'eau, n'hésitez pas à vous y référer en fonction de votre secteur.

Enfin, établissez un calendrier de mise en oeuvre pour aligner vos équipes sur l'agenda d'exécution.  

Rédiger et structurer son plan d'action PSH

Le contenu de votre plan de sobriété hydrique doit obligatoirement comprendre :

  • un diagnostic des consommations et rejets
  • vos objectifs de réduction (faites une recherche sur les MTD applicables à votre industrie)
  • les actions pérennes et graduées envisagées ou mises en oeuvre, avec le calendrier, les investissements prévisionnels et les économies attendues. Précisez les modalités de calcul des volumes de référence et les volumes prélevés pendant les restrictions.
  • votre bilan provisionnel (à mettre à jour à chaque étape d'avancée de projet)

La DREAL Auvergne-Rhône-Alpes a développé un fichier excel standardisé facilitant la collecte des données et garantissant l’exhaustivité du document.

Le niveau de précision requis doit être proportionné à la taille du site et à la complexité des processus. Pour les TPE/PME ne disposant pas de toutes les données historiques ou d’un plan de comptage exhaustif, un PSH simplifié peut être accepté, à condition de démontrer une démarche de progrès.

Nous vous conseillons par ailleurs de définir la structure de prise de décision et les parties prenantes, notamment dans le cadre de l'activation des mesures de restriction.

Votre plan de sobriété hydrique doit être tenu à disposition des inspecteurs et transmis sur demande. Il n’y a généralement pas de validation formelle préalable par la DREAL, sauf cas spécifiques. Le document doit être actualisé régulièrement, notamment lors de modifications significatives du site, de changement de processus ou d’évolution des objectifs. Cette mise à jour continue garantit la pertinence du PSH et facilite l’adaptation aux restrictions futures.

Actions concrètes et stratégies de réduction de la consommation d'eau

Optimisation des processus industriels et de production

Les leviers d’optimisation technique constituent souvent le gisement d’économies le plus important. Les retours d’expérience montrent que des réductions de 10 à 15% sont réalisables avec des investissements raisonnables. Que pouvez-vous faire ?  

Recyclage et réutilisation en circuit fermé - boucles de recyclage sur les circuits de refroidissement, de rinçage et de lavage et réutilisation après traitement (filtration, décantation, traitement physicochimique).

Révision des séquences de lavage et rinçage - optimisation le nombre de cycles, ajuster les débits, travailler en rinçage à contre-courant, remplacement de systèmes de refroidissement ouverts par des circuits fermés ou des tours aéroréfrigérantes sèches, modification des formulations produits pour réduire la consommation d’eau.

Systèmes de récupération et traitement - systèmes de récupération d’eau de pluie pour les usages compatibles (arrosage, lavage des sols extérieurs, alimentation des toilettes), REUT, systèmes de condensation pour récupérer l’eau issue de la vapeur.

Substitution par des technologies moins hydrovores - systèmes de nettoyage à haute pression, technologies de refroidissement alternatives (refroidissement par air, géothermie), procédés de teinture à sec ou à faible usage d’eau. Les investissements dans ces technologies sont généralement amorties sur 2-5 ans grâce aux économies sur les factures d’eau, la réduction des redevances et l’amélioration de la résilience face aux restrictions.

Quelques exemples d’économies par filière :

Secteur Amélioration Economie d'eau
Chimie Optimisation des tours de refroidissement ~15 à 20%
Agroalimentaire Recyclage du rinçage ~10 à 12%
Papeterie Circuits fermés et nouvelles technologies ~20 à 40%
Electronique Recyclage et REUT ~30%

Mesures organisationnelles et sensibilisation

Au-delà des investissements techniques, la sobriété hydrique repose sur une mobilisation collective et des pratiques opérationnelles rigoureuses. De simples changements de comportements génèrent 5 à 10% d’économies avec peu ou pas d’investissement.

Formation et mobilisation des équipes à la sobriété (fermeture des vannes non utilisées, détection et signalement des fuites, optimisation des temps de lavage). Affichez les consommations et objectifs pour créer une émulation collective.

Compteurs connectés (télé-relève) pour un suivi en temps réel des usages par site, ligne de production ou processus. Des alertes automatiques en cas de dépassement de seuil ou d'usage anormale permettent d’agir immédiatement.

Maintenance pour éviter les fuites et pertes. Au-delà d'actions de prévention, des alertes automatiques de détection de fuite peuvent changer la donne : à titre d'exemple une fuite de 1 mm à forte pression peut générer une perte de 1 500 m³/an, soit l’équivalent de 15% du seuil de 10 000 m³ !

Si possible, adaptation des horaires et de l’organisation pour décaler les opérations fortement consommatrices en dehors des périodes de pointe de sécheresse, regrouper les opérations de lavage pour optimiser les volumes ou reporter les maintenances et nettoyages annuels hors périodes de restriction.

Démarches administratives et validation du plan

Dépôt et approbation du PSH

Votre interlocuteur principal est la DREAL ou à la DDT selon les départements. Pour les sites relevant de l’autorité préfectorale, c’est la préfecture qui coordonne les éventuelles demandes de restriction ou d’adaptation.

Il n'y a pour l'instant pas de procédure systématique de dépôt et de validation de votre plan de sobriété hydrique, sauf cas exceptionnels. Toutefois, maintenir une bonne communication avec les services de l'Etat compétents peut se révéler bénéfique, notamment lors de contrôles ou en cas de demande d’exemption aux restrictions. Dans ces cas, les délais d'analyse et traitements des administrations varient entre 3-6 mois. Par ailleurs, une bonne communication avec les acteurs locaux et les usagers peut aussi faciliter les échanges dans les CLE.

Nous vous conseillons de tenir à tout moment disponible et à jour : votre PSH complet, les données de comptage justifiant les volumes déclarés, vos justificatifs d’investissements ou d’actions réalisées, vos éventuelles demandes d’exemption ou d’adaptation avec leur justification technique.

Suivi, contrôle et reporting

Le PSH s’accompagne d’obligations de suivi et de déclaration régulières, particulièrement en période de restriction hydrique.

Quelles sont vos obligations de déclarations ?

  • Déclaration annuelle via le registre GEREP et/ou la BNPE
  • Déclaration hebdomadaire en période critique (Alerte Renforcée et Crise) via la plateforme GIDAF.

On vous demandera de communiquer plusieurs indicateurs :

  • Volume total prélevé (m³/jour, m³/mois, m³/an) par source
  • Volume consommé net (prélèvement - rejet dans la même masse d’eau)
  • Taux de réduction par rapport à la période de référence (%)
  • Ratio de consommation par unité de production (m³/tonne, m³/produit fabriqué)
  • Volume d’eau non potable utilisée (pluviale, REUT, eaux grises)
  • Détection de fuites : nombre identifié, volumes récupérés

Quels sont les contrôles et sanctions possibles ? Les contrôles peuvent être programmés ou inopinés pour vérifier la mise en œuvre effective du PSH et le respect des restrictions imposées. En cas de manquement, vous serez mis en demeure de vous conformer dans un délai déterminé, et vous exposez à des sanctions administratives (astreintes journalières) et des sanctions pénales (amende pouvant atteindre 75 000 € et 2 ans d’emprisonnement).

Intégrer le PSH dans une démarche globale de transition écologique

Vous avez effectué votre plan de sobriété hydrique, bravo ! Pensez à l'intégrer dans votre stratégie environnementale globale pour en faire un avantage compétitif. Vous pouvez par exemple valoriser vos efforts en intégrant vos données hydriques à d'autres reporting :

  • bilan carbone : la réduction d'usage diminue l’empreinte carbone liée au pompage, traitement et chauffage de l’eau
  • CSRD : le PSH alimente les indicateurs environnementaux à publier
  • Certification ISO 14001, ISO 50001 (énergie), Alliance HQE : le PSH renforce la performance du système de management environnemental avec la réduction potentielle de déchets via le recyclage et le traitement
  • Comptabilité écologique et méthode CARE : intégrer l’eau comme capital naturel à préserver au sein d'un ancrage territorial

Vos actions peuvent aussi contribuer à valoriser votre image de marque et votre attractivité employeur, donner du sens et créer l'engagement de vos employés.

Simplifiez votre PSH avec une solution de monitoring temps réel

Vous l'aurez compris, l'élaboration d'un plan de sobriété hydrique  est essentielle. Mais vous faites face à 4 défis majeurs : comment réaliser un diagnostic exhaustif sans plan de comptage complet ? Comment détecter rapidement les fuites et anomalies de consommation ? Comment produire les déclarations hebdomadaires GIDAF sans mobiliser des ressources importantes ? Comment piloter efficacement les objectifs de réduction avec une visibilité sur les consommations multi-sites ?

Avec Willie, nous vous apportons LA solution opérationnelle simple et automatisée : notre plateforme SaaS de monitoring en temps réel centralise toutes vos données d'eau multi-sites, avec un système de télérelève plug-and-play (installation <10 min, sans travaux).

Les 3 bénéfices pour votre plan de sobriété hydrique :

  • génération automatique des rapports de conformité DREAL et gain de temps sur le reporting
  • alertes temps réel en cas d'anomalie/fuite,
  • dashboards pour piloter les objectifs de réduction et visualiser les économies réalisées (m³ et €).

Notre solution a démontré des résultats mesurables immédiats : les industriels équipés de Willie constatent en moyenne une réduction de 10 à 22% de leurs prélèvements dès la première année et une réduction de coûts moyenne de plus de 20%. Nous réduisons par ailleurs de 25 jours le nombre de temps consacré par vos équipes au reporting continu.

Envie de vous simplifier la vie ? Découvrez Willie ! Réservez un appel avec nos experts pour une démo en direct et pour découvrir comment transformer votre gestion hydrique en avantage compétitif.

Dans cet article

    Sarah Champagnol

    CSO @ Willie

    Plan de sobriété hydrique : FAQ

    Le PSH doit-il être transmis à la DREAL pour validation ou seulement tenu à disposition ?

    Il doit généralement être tenu à disposition et transmis sur demande. Il n’y a pas de validation préalable systématique par la DREAL, sauf dans certains cas spécifiques : demande d’exemption ou d’adaptation aux restrictions, intégration dans un dossier de modification d’autorisation, ou contrôle de l’inspection. Le document doit être actualisé régulièrement et accessible à tout moment.

    Comment calculer la consommation nette d'eau : peut-on déduire les rejets en station d'épuration des prélèvements AEP ?

    Consommation nette = volume d’eau prélevé - volume rejeté (directement ou indirectement) dans la même masse d’eau.

    Si l’eau prélevée sur le réseau AEP est rejetée en station d’épuration qui renvoie l’eau traitée dans la même masse que celle alimentant le réseau, la déduction peut être appliquée. En revanche, si le rejet se fait dans une masse d’eau différente (ex : prélèvement en nappe, rejet en rivière), la déduction n’est pas possible. L’important est de justifier précisément les flux et destinations dans le PSH.

    Quelles sont les différences entre les réductions imposées par l'arrêté cadre départemental et celles de l'arrêté ministériel du 30 juin 2023 ?

    • L’arrêté ministériel (30 juin 2023) fixe un cadre national minimal avec des réductions de 5% (Alerte), 10% (Alerte Renforcée) et 25% (Crise).
    • Les arrêtés-cadres départementaux (ACD) ou interdépartementaux (ACI) peuvent adapter ces seuils aux circonstances locales et imposer des réductions plus importantes.

    L'administration applique toujours les prescriptions les plus contraignantes : si l’ACD est plus exigeant que l’arrêté ministériel, c’est l’ACD qui s’applique.

    Suis-je soumis aux mesures de restriction si j'utilise de l'eau de grands cours d'eau non soumise à restriction locale ?

    Tout dépend de la classification de la masse et des arrêtés en vigueur. Certains grands cours peuvent être exemptés de restrictions locales car leur débit reste suffisant même en période de sécheresse. Toutefois, l’arrêté ministériel du 30 juin 2023 s’applique à toutes les ICPE concernées (>10 000 m³/an) indépendamment de la source de prélèvement, sauf exemption explicite. Vous devez identifier la zone hydrographique / masse d’eau de votre prélèvement (aidez-vous des cartes DREAL) et vérifier les arrêtés applicables. La DREAL peut confirmer le régime applicable à votre site.

    Est-ce que le paiement des redevances à l'Agence de l'eau est obligatoire pour être éligible aux subventions ?

    Oui, être à jour de ses redevances est une condition d'éligibilité, mais certaines circonstances exceptionnelles peuvent être acceptées (en général  pour des petites entreprises).

    Comment adapter mon PSH en cas d'exemption partielle (abreuvement, impératif sanitaire) : dois-je quand même remplir le questionnaire ?

    Le PSH doit toujours être rempli dans son intégralité. Dans le questionnaire, vous devez identifier clairement les volumes concernés par l’exemption (abreuvement, impératifs sanitaires, sécurité incendie, obligation de pompage pour protéger des risques d’inondation) et les distinguer des autres usages. Ces volumes exemptés sont déduits du calcul des réductions à appliquer, mais cela doit être justifié et documenté. Le PSH sert précisément à établir cette distinction et à crédibiliser la demande d’exemption auprès de l’inspection.

    Quel niveau de détail est attendu dans le PSH si certaines données ne sont pas disponibles ou si je suis une TPE/PME ?

    L'administration attend des détails proportionnés à la taille de votre activité. Si vous êtes TPE/PME, un PSH simplifié est généralement accepté, mais ne faites pas l'impasse sur vos engagements de réduction. Pour les petites structures, les services de l'Etat vont privilégier l’accompagnement et la progressivité, mais voudront voir l'essentiel : un diagnostic aussi complet que possible avec les moyens disponibles, un positionnement cohérent avec les pratiques de votre secteur, des actions concrètes de réduction avec calendrier, un engagement d’amélioration continue avec mise à jour régulière du PSH.

    Sur quelle période dois-je renseigner les données historiques dans le PSH : depuis 2003 ou une période plus courte est-elle acceptable ?

    Les DREAL demandent idéalement des données remontant jusqu’à 2003 pour analyser les tendances longues, mais cela peut s'avérer compliquer. Comptez une période de référence de 3 à 5 ans pour établir un diagnostic pertinent et calculer des volumes de référence. Pour les sites nouvellement autorisées ou enregistrées depuis le 1er janvier 2023, des dispositions spécifiques peuvent s’appliquer. Interrogez votre DREAL de rattachement sur les attentes spécifiques de votre région.

    Comment fonctionne la déclaration hebdomadaire obligatoire en période d'alerte renforcée sur la plateforme GIDAF ?

    Dès qu’un arrêté préfectoral déclenche un niveau Alerte Renforcée ou Crise, les exploitants concernés (ICPE > 10 000 m³/an soumises à autorisation ou enregistrement) doivent déclarer chaque semaine calendaire sur GIDAF : les volumes prélevés par source (AEP, nappe, cours), les volumes consommés nets, les volumes rejetés, et toute anomalie ou difficulté rencontrée. La déclaration doit être effectuée même si les volumes sont nuls (site à l’arrêt). La première déclaration couvre la semaine du déclenchement du seuil, et la dernière celle suivant la levée de la restriction. En cas de difficultés d’accès, contacter votre DDT ou DREAL pour obtenir un accès ou une solution alternative.

    Un PSH établi pour un site donne-t-il automatiquement droit à une adaptation des restrictions, ou faut-il renouveler la demande chaque année ?

    Non ! Votre plan de sobriété permet de justifier une demande d’exemption ou d’aménagement auprès du préfet, mais chaque cas est examiné individuellement. Dans certaines régions, un PSH validé et mis en œuvre peut permettre d’obtenir des modulations des restrictions prévues par les arrêtés-cadres, sous réserve de démontrer une réduction pérenne significative ou un taux de réutilisation d’au moins 20%. Ces adaptations ne sont pas automatiquement reconduites d’une année sur l’autre : il faut actualiser le PSH et démontrer la continuité des efforts. En période de restriction, l’exploitant doit aussi prouver qu’il a effectivement mis en œuvre les mesures graduées prévues dans son PSH.

    Comment identifier précisément la zone hydrographique et la masse d'eau de prélèvement de mon installation pour connaître les restrictions applicables ?

    Chaque DREAL publie sur son site des cartes indicatives. Vous pouvez aussi consulter le portail national ADES et Eau France et interroger votre Agence de l'eau référente. Pour les prélèvements en nappe, le BSS (Banque du Sous-Sol) du BRGM permet d’identifier la formation géologique exploitée. Une fois la masse d’eau identifiée, référez-vous aux arrêtés-cadres départementaux qui listent les masses concernées par chaque niveau de restriction. En cas de doute, votre DDT ou DREAL peut confirmer la classification de votre point de prélèvement. Cette identification précise est indispensable pour connaître les obligations applicables et éviter tout malentendu lors des contrôles.

    Ressources et accompagnement pour mettre en œuvre son plan de sobriété hydrique

    Sites officiels et documentation de référence

    Ressource Contenu principal Lien
    Ministère de la Transition écologique Cadre national, Plan Eau, politiques publiques hydriques https://www.ecologie.gouv.fr/eau
    DREAL Trame standardisée PSH, guides d’application https://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/psh-plan-de-sobriete-hydrique-contenu-attendu-et-a23169.html?lang=fr
    Plateforme GIDAF Déclarations hebdomadaires en période de sécheresse https://www.demarches-simplifiees.fr/
    Agences de l’eau Aides financières, accompagnement technique, actualités https://www.lesagencesdeleau.fr
    Portail national Eau France Utilisation de données publiques (prélèvements, masses) https://www.donnees.eaufrance.fr

    Organismes et réseaux d’accompagnement

    Organisme Rôle Lien
    Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) Diagnostics, accompagnement, formations entreprises https://www.cci.fr
    Syndicats professionnels sectoriels Guides métiers, benchmarks par filière Consultez vos syndicats
    ADEME Expertise technique, accompagnement, financements https://www.ademe.fr

    Outils de diagnostic et calculateurs

    Outil Usage Lien
    Outils de calcul du coût complet de l’eau Évaluation économique des usages https://economie.eaufrance.fr/observatoire-des-couts-et-couts-de-reference
    Plateforme de monitoring Willie Suivi automatisé, alertes, reporting PSH https://meetwillie.com/

    Programmes de financement et subventions

    Dispositif Nature de l’aide Lien
    Agences de l’eau (RMC, LB, etc.) Diagnostics, investissements, REUT (30 à 70 %) https://www.lesagencesdeleau.fr
    ADEME – Innov’Eau Innovation et sobriété hydrique https://www.ademe.fr
    Banque des Territoires / banques privées Prêts bonifiés ou Aquaprêts: 2,24 Md€ pour infrastructures hydriques https://www.banquedesterritoires.fr

    Publications et rapports de référence

    Publication Contenu Lien
    Plan Eau national 53 mesures de sobriété https://www.ecologie.gouv.fr/plan-eau
    Études CGEDD (horizon 2050) Prospective ressources hydriques https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr